Après trois jours intensifs de Trans, difficile de sortir de son lit. Mais c’est la bouche pâteuse et les yeux collés qu’on se décide finalement à aller à l’Ubu profiter de la dernière soirée programmée, mettant à l’honneur cette année le label new-yorkais Godmode. Le public nombreux est surtout venu voir Shamir, le poulain du label qui a fait parler de lui à la sortie de son premier album « Northtown », petit bijou de house électro aux influences nombreuses.

La soirée s’ouvre avec Black Commando qui nous livre un dj set electro funk ultra dansant, n’accrochant malheureusement pas trop le public concentré autour du bar, et surtout dans l’attente des lives. Alors on suit le mouvement, on discute avec les uns et les autres, on se raconte comme c’était dur de se motiver à venir au point d’orgue de cette édition. Arrive alors sur scène Soft Lit, duo chant/DJ de r’n’b électronique. On écoute d’une oreille les compos un peu creuses en se délectant davantage, il faut l’avouer, de la sensuelle beauté de la chanteuse que de sa musique. Le projet sent encore l’amateurisme, et le chant la récitation, sans aller toutefois vers l’inaudibilité. Les titres sont assez sympas, plein de bonnes intentions, mais la prestation scénique reste à étoffer.

C’est ensuite au tour de Courtship Ritual d’entrer en scène. Cette fois-ci à l’inverse, tout est mis sur la mise en scène puisque au bassiste et à la chanteuse viennent s’ajouter deux danseurs, éléments centraux du show. Il y a quelque chose qui se dégage du spectacle, une sensualité crasse, une identité interlope plutôt intéressante. Mais elle est malheureusement accompagnée de compositions garage électro manquant cruellement de contenu, de mélodies, d’une vraie direction artistique.

Ca y est, Shamir est annoncé, celui que tout le monde attendait. Lorsqu’il arrive sur scène, le gamin (né en 1994) transpire la gentillesse et le plaisir d’être là. Androgyne au possible aussi bien physiquement que vocalement, il y a tout de suite un truc qui se dégage du personnage. Et le live commence fort avec un des tubes de l’album « Sometimes A Man », petite perle électro-house. Le public se chauffe, les têtes remuent sur le rythme et on est impressionnés par la voix soul, tendre et ultra féminine de Shamir. Les titres s’enchainent sans temps mort et toute la richesse des influences se fait entendre. La voix du leader va de la soul au rap en passant par le spoken word, et vient porter les compositions super énergiques où se mêlent beats électro, rondeur house, guitares funk, mélodies pop et percussions évoquant la Nouvelle-Orleans. Le projet de Shamir, c’est finalement un pot-pourri de tout ça, organisé avec un talent indéniable. Un peu avant la fin du concert, on a droit à un inédit qui laisse présager de très bonnes choses à venir. Outre l’aspect artistique, sur scène se dégage une énergie puissante, et on s’amuse à reconnaitre en choristes les chanteuses de Courtship Ritual et Soft Lit, témoignant d’une dynamique créatrice et d’une cohésion positive entre les artistes de Godmode.

On retrouve d’ailleurs le percussionniste de Shamir à la basse et la chanteuse de Courtship Ritual au tambourin sur le live suivant, celui de Montreal Sex Machine. Le chanteur porte avec une énergie presque punk le rock funk survitaminé du projet. Le tout sonne un peu brouillon mais l’énergie sur scène accroche à fond, le public saute de partout. Un show plein de bonnes ondes, même si on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi le chanteur s’obstine à garder ses lunettes de soleil (Wayfarers rouges qui plus est) sur scène.

 

C’est à ce moment-là que la fatigue se fait sentir, nous obligeant un rater le dernier concert de la soirée, celui des Negative Supply, on s’en excuse. Mais on a passé une super soirée en compagnie des artistes de Godmode, on a vu sans doute un des meilleurs concerts de cette édition (Shamir, à suivre absolument), parfait pour pallier à la dépression post-Trans ! À l’année prochaine !

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