Trans’musicales : deuxième round. Par Hadrien

Arrivé au Parc Expo vers 22h, on peste de ne pas avoir vu les deux rennais de Lord Paramour. On aime bien les mecs et selon les avis compétents, ils auraient mis le « feu sans allumette » au Hall 9. Mais ne parlons pas de ce que nous n’avons pas vu.
Sans trop y croire, on se rend au Hall 3 pour Dad Rocks ! On n’aurait pas misé un sous dessus, mais finalement la formation islando-danoise envoie une pop folk festive qui promet beaucoup pour les festivals d’été en plein air. Brillant guitariste mais pas relou, le chanteur fait preuve d’une spontanéité rafraichissante, même si un peu naïve. Plus malin que Raury qui reprend Nirvana, c’est Mermonte qui jouira de sa reprise. On ne se prononcera pas sur la qualité du morceau. Pas parce que c’était nul, mais parce que pendant ce temps là, Jungle by night se produit au Hall 9 et qu’on a bien envie de les voir.
Une fois arrivé sur place, on note déjà une foule relativement compacte. Les chouchous de Tony Allen sont attendu au tournant et ne déçoivent pas. Livrant un jazz funk groovy à souhait, la bande fait bouger les corps aléatoires des festivaliers avec une musique un brin psychédélique. Les mecs maîtrisant leurs instruments sur le bout des doigts, ils invitent le public à toucher le ciel. Qu’ils se rassurent, on l’avait déjà touché avec eux.

Après un set de si haute volée, on décide de passer boire un verre. Entendant la musique de la green room, un ami propose d’y jeter un coup d’œil. On freine des quatre fers mais on se laisse finalement tenter. La marque de bière n’est pas vraiment notre tasse de thé, mais bon on fermera les yeux. Et lorsque on arrive, c’est l’heure de Joy Squander. Devant un public clairsemé mais ravi, le duo nous fait danser sur de l’électro pop avec des petits détours par le hip-hop. Ça n’invente rien mais on n’attendait pas ça non plus.
On continue nos pérégrinations et on tombe sur les types de Lord Paramour. Les mecs sont critiques mais content d’être là. D’abord peu bavards, ils deviennent intarissables quand on leur demande les bons plans pour choper des vinyles en Asie. Une fois les infos notées, on se plonge au hasard dans le Hall 3 sans savoir qui passe sur scène. On regarde le programme, il s’agit de Cosmo Sheldrake. On connaît pas du tout le bonhomme, mais c’est pas grave parce que quelque chose nous dit qu’on va entendre parler de lui. Imaginez un type seul face à son ordi et ses pédales de loop. Rajoutez du talent de dingue et un Hall 3 plein à craquer et vous aurez le tiercé gagnant. Avec sa voix unique, Cosmo nous présente sans doute un des meilleurs concerts de la soirée. Après un léger faux départ, l’anglais décide d’improviser. Osé mais le pari est gagnant. Beat box percutant, pop planante aux accents hip-hop, tout marche avec une précision chirurgicale. On le quitte sur un morceau à base de sample de poisson. On a du mal à reconnaître nos amis à écailles mais en attendant on rajoute Cosmo Sheldrake dans la liste de noms à chercher pour notre prochaine incursion chez notre disquaire de quartier.
Conscience professionnelle oblige, on va voir Rone au Hall 9 même si on aurait aimé passer notre tour. Forcément, c’est blindé. On est serré, on voit rien. Le français sort un set qui marquera les Trans. Peut-être pas par sa qualité mais par le monde qu’il brasse puisque le hall affichait complet. On se passera de commentaires, le concert est propre et on imagine qu’il sera largement couvert dans les médias.
Direction Naked (On Drugs). Manque de bol, on arrivera que pour les trois derniers morceaux. Sombres et poisseux, les titres du groupe résonnent devant un public peu nombreux mais enthousiaste. Le chanteur impressionne autant vocalement que scéniquement avec ses mimiques de film muet. Difficile de définir le son. Rock prog ? Free Jazz ? Musique concrète mais pas vraiment ? Disons juste que Captain Beefheart a sans doute quelque chose à voir là dedans. Et ça fait du bien.
Du côté du hall 3, c’est Smoove & Turell qui est sur la scène. C’est peu dire que ça groove. Le genre de truc pas mal sur disque mais qui déçoit généralement en live, sauf que là pas du tout. Le blanc bec John Turell rappelle les meilleurs moments des années Northern Soul, toutefois sans le pas danse qui va bien avec. Mais l’heure tourne. On quitte ces sonorités sixties, pas originales certes mais efficaces. Prochain rendez-vous avec DBFC.
DBFC justement, parlons-en. Ca fait bien quinze jours qu’on en parle avec les collègues qui passent Leave My Room en boucle au bureau. La rumeur court que c’est aussi le cas dans les couloirs de l’ATM. Mais attention : sur disque, le groupe est prometteur, mais qu’en est-il du live ? D’autant plus qu’ils livrent ici leur troisième concert. À voir donc.
Passé une intro un brin générique mais efficace, DBFC joue une musique électronique bien plus rock que prévu. On s’attendait à des sons synthétiques façon eighties mais non, on se met le doigt dans l’œil. Cet aspect là est au second plan. Le temps de le comprendre, la fin du concert pointe déjà le bout de son nez. Signe que c’était bien ? Sans doute, mais quelque chose cloche. Où est passé le fameux tube un brin putassier mais quand même imparable ? On aperçoit Jean-Louis Brossard, programmateur des Trans’ qui s’installe bien en face de la scène, juste devant la régie. Quelque chose se trame. Et quand vient l’heure du dernier morceau, c’est bien Leave My room, alpha et oméga de DBFC. Implacable, indépassable, dansant à souhait. Le groupe va galérer à reproduire un titre de ce tonneau là. Le set se termine. Il est l’heure de rentrer. Direction la navette. Rendez-vous demain pour la dernière soirée.

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