MERYEM ABOULOUAFA
Family
La foudre tombe dès les premières secondes de « The Friend », pièce d’ouverture de l’album Meryem. C’est une voix qui vous enveloppe, vous embrasse et ne vous lâche plus. Une voix neuve, pourtant déjà familière, source chaude d’un torrent de passions. De ces voix troublantes qui en imposent et qu’on n’oublie pas. À l’heure où les femmes, de Lana Del Rey à Weyes Blood, font la loi dans la pop, déploient des trésors d’inventivité, la nouvelle n’a donc rien de surprenant : Meryem Aboulouafa s’impose déjà parmi les grandes révélations de 2020.
Née à Casablanca où elle vit toujours, l’artiste a très tôt plongé dans la musique grâce à une famille dont le père, l’initie aux classiques rock, Beatles, Stones et Pink Floyd en tête, ainsi qu’aux grands de la chanson française tels Piaf, Brel et Brassens. Tandis qu’elle prend des cours de solfège et de violon au Conservatoire de musique, l’enfant solitaire se réfugie dans l’écriture pour dompter les tempêtes dans son crâne. Ses poèmes en arabe et en français forment la première étape de son processus de jeu avec les mots.
Autant dire qu’au jeu des références, Meryem Aboulouafa a gagné le combat car il serait vain de tenter des comparaisons, voire même de traquer des influences. Tout juste peut-on oser dresser des parallèles avec Kate Bush pour son imaginaire sans limites, avec James Blake pour cet art rare d’installer une intimité et les émotions qui en découlent, et Oum Kalsoum, pour cette capacité à hypnotiser par un langage universel, sans rien renier des traditions musicales liées à ses origines. Si la femme et l’artiste se posent encore des questions, les réponses offertes par le magnifique Meryem suffisent à notre immense bonheur.