Tessa Rose Jackson
The Lighthouse
Un après-midi hivernal à Amsterdam, au début de l’année 2024, une lumière guida Tessa Rose Jackson chez elle. Au milieu de quelques mois improductifs consacrés à l’écriture de son cinquième album, cette chanteuse, compositrice et artiste visionnaire anglo- néerlandaise se vit frappée par une idée surgie de nulle part : une chanson. ‘The Lighthouse’ devint alors un phare illuminant son chemin vers un lieu d’intimité, d’exposition et de réconfort, où elle pouvait embrasser ses peurs, son identité et ses fascinations les plus profondes et parfois morbides.
« Je pouvais voir l’album avant qu’il ne soit réalisé », confie-t-elle à propos du disque qu’elle baptisera également The Lighthouse. « Je savais dans quel monde je voulais qu’il évolue : un monde légèrement hors du temps, avec une touche de folklore fantomatique. Parler de la mortalité, c’est parler de la vie, de la manière dont nous la vivons, dont nous l’utilisons et dont nous l’apprécions. »
Pour Tessa Rose Jackson, 32 ans, le chemin vers The Lighthouse a été coloré et tumultueux. Élevée à Amsterdam par deux mères lesbiennes, elle perdit malheureusement l’un de ses parents très jeune. « J’ai appris très tôt à considérer la mort et la perte comme inévitables et immenses », explique-t-elle. « Je disais souvent : si tu n’as pas un peu peur de mourir… apprécies-tu vraiment ce que signifie être en vie ? »
Elle trouva un exutoire dans la musique, convaincue dès sa première leçon de chant, à 13 ans, qu’elle devait se produire sur scène pour toujours. Après des études au Conservatorium van Amsterdam et à la BRIT School de Londres, où elle découvre une passion pour la production, elle devint une jeune pop star aux Pays-Bas. Son album (Songs From) The Sandbox, sorti en 2013, fut un succès à 19 ans, mais également un poids. « Cela m’a fait vivre des montagnes russes », confie-t-elle. « J’ai vite compris que je voulais explorer des horizons plus intéressants. Je me sentais poussée vers une image qui n’était pas la mienne. » Rejetant la pop performative, elle se retira pendant la décennie suivante derrière l’anti-pseudonyme Someone, « un projet axé sur la créativité plutôt que sur l’image ».
Rayon de lumière dans l’obscurité, The Lighthouse est à la fois intime et universel, somptueux et sobre. Une oeuvre majestueuse qui brille dans la nuit. « C’est un album sur la mort, mais pas sombre », dit Tessa. « Il parle aussi de la vie, de la célébrer et de réfléchir à ces choses. » Sur la falaise de l’alt-folk moderne, il se dresse fièrement.