Vilain Tigre nous embarque dans son univers chaloupé voire mine de rien sirupeux, empreint d’une tendresse qui masque tant bien que mal ses envies de bouleverser la marche du monde. L’invitation est la suivante : nous poser une petite heure accompagnée de mélodies qui nous emmènent loin là-bas où pousse une végétation foisonnante et où l’on se permet d’espérer. Une sorte de paradis aussi illusoire que nécessaire et qui détient sa et votre propre vérité. C’est la bande originale d’un long métrage qui n’existe pas vraiment. À moins qu’il se crée à l’écoute dans l’imaginaire de chacun·e?
Chaque chapitre s’ouvre par un instrumental, comme une invitation à laisser l’esprit voyager.
L’atmosphère reste toujours rassurante et des sons issus du réel transportent des moments
musicaux et chantés. Le 1er chapitre est léger, le 2d : mélancolique, le 3ème part dans l’introspection. La B.O. est traversée par des présences masculines fugaces qui respirent ou marquent le tempo.
On y retrouve les vents de Jérôme Bensoussan (compositeur parisien de musiques de film, récemment Mikado de Baya Kasmi avec Vimala Pons), les voix de Daniel Offermann (bassiste de Girls
In Hawaii et compagnon de route germanophone dans TRESOR), les batteries de Boris Gronemberger (tête pensante de River Into Lake). Le mixage a été confié à Vincent Poujol, orfèvre en la matière (Françoiz Breut, Jawhar).